Le génie électrique et informatique industrielle est la discipline qui conçoit, programme et entretient les systèmes électriques et électroniques des usines, des bâtiments et des transports. En France, on l’étudie surtout en BUT GEII, un diplôme national en 3 ans délivré par les IUT. Cet article détaille les matières, les parcours, l’admission et les débouchés.
Génie électrique et informatique industrielle : le champ de la discipline
La discipline réunit l’électricité, l’électronique, l’automatisme et l’informatique embarquée. Un électricien du secteur conçoit la distribution de l’énergie, un électronicien développe des cartes et des capteurs, un automaticien fait fonctionner un procédé de fabrication.
L’informatique industrielle sert à piloter des machines et des procédés, pas à gérer des données de bureau. Un programme y commande un robot, une chaîne de conditionnement ou un réseau de capteurs, avec des contraintes de temps réel et de sûreté. Ce domaine évolue avec l’intelligence artificielle dans l’industrie, qui entre peu à peu dans la maintenance et le contrôle qualité.
Le titre d’ingénieur électricien désigne un autre niveau de formation : il se prépare en école d’ingénieur, souvent après le BUT. Le technicien supérieur formé en GEII travaille au plus près des équipements, de l’installation au dépannage, et fait le lien entre le bureau d’études et l’atelier.
Les matières étudiées en BUT GEII
Le programme national est fixé par l’arrêté du 15 avril 2022. Il s’organise autour de quatre compétences : trois communes aux trois parcours et une propre à chaque parcours. Les enseignements se répartissent en grands blocs :
- l’électronique et l’électrotechnique, des composants aux machines électriques ;
- l’automatisme et l’informatique, avec la programmation d’automates et de systèmes embarqués ;
- les réseaux, qui couvrent aussi un protocole de routage comme RIP ;
- les mathématiques et la physique appliquées, l’anglais et la communication.
La pédagogie passe par des travaux pratiques en petits groupes, des projets et des stages. Un semestre à l’étranger est possible.
Les projets mettent les matières en situation : câbler une armoire, programmer l’automate qui la commande, puis mesurer et documenter le résultat. Cette alternance entre théorie et manipulation distingue le BUT d’une formation universitaire généraliste, et elle explique que les diplômés soient opérationnels dès leur premier poste.
Trois parcours en deuxième année : EME, ESE et AII
Le choix du parcours se fait généralement au début de la deuxième année, et tous les IUT ne proposent pas les trois.
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Le parcours électricité et maîtrise de l’énergie (EME) prépare à installer un système de production, de conversion et de gestion de l’énergie. Il mène au bâtiment, aux énergies renouvelables et à la mobilité électrique.
Le parcours électronique et systèmes embarqués (ESE) forme à implanter un système matériel ou logiciel, par exemple une carte électronique pilotée par un microcontrôleur.
Le parcours automatisme et informatique industrielle (AII) apprend à intégrer un système de commande et de contrôle dans un procédé industriel. Il intéresse les étudiants attirés par la programmation, la supervision et la robotique.
Chaque parcours garde un tronc commun de trois compétences. Un étudiant qui se trompe de voie conserve donc une base solide en électricité, en électronique et en informatique, utile pour changer de spécialité en poursuite d’études.
Admission en GEII : profil et bac
La formation s’adresse aux titulaires d’un bac général ou technologique, en particulier du bac STI2D. Les spécialités scientifiques sont un atout pour un bachelier général. Les candidats passent par Parcoursup. Le goût pour les sciences physiques, la logique et la manipulation pèse autant que les notes : on câble, on mesure et on programme chaque semaine.
Il est possible d’étudier en apprentissage ou en contrat de professionnalisation dès la première année, selon les établissements. L’alternance convient à ceux qui veulent un salaire et une expérience de l’entreprise dès le début.
Les métiers après le BUT GEII
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Le diplôme mène aux métiers de technicien : automaticien, technicien de maintenance industrielle, électronicien, technicien en bureau d’études, informaticien industriel ou chargé d’affaires en électricité. Les secteurs concernés sont les systèmes embarqués, l’automatisation industrielle, la gestion technique du bâtiment, la mobilité électrique et les énergies renouvelables.
Du côté informatique, certains diplômés rejoignent les sociétés de programmation informatique pour développer des logiciels de supervision. Le salaire d’un technicien débutant reste inférieur à celui d’un ingénieur en électricité, dont la rémunération progresse avec l’expérience et la responsabilité.
Les employeurs recherchent des profils polyvalents, capables de lire un schéma électrique comme un programme. Un stage ou une alternance réussis ouvrent souvent la porte d’un premier emploi dans l’entreprise d’accueil.
Licence, master ou école d’ingénieur après le BUT GEII
Le BUT, en 3 ans, a remplacé le DUT de 2 ans : le diplômé n’est donc plus obligé de poursuivre pour atteindre le niveau licence. Beaucoup continuent malgré tout, en master ou en école d’ingénieur spécialisée en génie électrique, en électrotechnique ou en automatique, souvent par admission sur titre ou en apprentissage.
Ceux qui préfèrent un parcours plus général consultent la licence informatique et ses débouchés avant de choisir.
Le parcours choisi en deuxième année oriente la suite : un étudiant EME vise plutôt l’électrotechnique, un étudiant AII l’automatique. Les conditions d’admission varient d’une école à l’autre.